6.6.2026
Plaque CD bleue, CD verte, CC ou AT : apprenez à décoder les lettres, les couleurs et les numéros des plaques diplomatiques suisses.

Une voiture remonte lentement une rue genevoise, vitres teintées, allure posée. Sur la plaque, deux lettres bleues et une série de chiffres séparés par un point. Pas de canton ordinaire. Pas de format habituel. Pour qui sait lire, ces quelques caractères livrent une information précise : le pays d'origine de la mission, le rang probable de son occupant, la nature exacte de ses privilèges.
La Suisse héberge plusieurs centaines d'organisations et de missions internationales. Ce type de véhicule se croise chaque jour. Mais combien de personnes savent vraiment ce qu'indique une plaque diplomatique ?
La première information visible est la couleur du fond sur lequel figurent les lettres, à gauche de la plaque. Elle détermine à elle seule la nature de la mission.
Le sigle AT est souvent ignoré, y compris dans les sources spécialisées. Il désigne exclusivement les véhicules privés du personnel administratif et technique des ambassades à Berne. Son numéro d'ordre commence toujours par 51.
La distinction bleu / vert est essentielle. Le fond bleu renvoie systématiquement aux organisations internationales établies en Suisse - ONU, OMC, OMS, CERN, etc. - dont les sièges sont concentrés à Genève. Le fond vert concerne les représentations bilatérales d'État à État, principalement à Berne.
Le numéro inscrit à droite de l'abréviation cantonale suit un format précis :
[CANTON] + [numéro de rang] + [code pays ou organisation]
Exemple concret : GE 1.2 = Genève - premier véhicule de la délégation canadienne (pays n° 2). Le numéro 1 désigne en principe le chef de mission : représentant permanent des États-Unis auprès d'une organisation internationale genevoise, ou ambassadeur dans le cas d'une plaque CD à fond vert.
Ce chiffre indique la position hiérarchique du titulaire au sein de sa délégation.
Les numéros 1 à 5 sont réservés au chef de mission, pour ses véhicules de service et privés. Le numéro 1 est l'indicateur le plus fiable du rang d'ambassadeur ou de représentant permanent, cette convention vaut aussi bien pour les missions bilatérales que pour les délégations auprès de l'OMC (Organisation Mondiale du Commerce) ou de l'OIT (Organisation Internationale du Travail).
Ce chiffre identifie le pays d'origine de la mission ou l'organisation internationale concernée. Les codes sont attribués par le Département fédéral des affaires étrangères (DFAE) aux services cantonaux des automobiles sur une base individuelle. La numérotation est une affaire d'État ; seule la fabrication et la délivrance des plaques incombent aux offices cantonaux des automobiles.
Pour les délégations spécialisées, le code pays de base reçoit une addition fixe :
L'immatriculation diplomatique en Suisse a connu trois formes successives.
Depuis 1994, deux formats coexistent :
Sur le plan technique, les véhicules diplomatiques ne sont pas soumis aux prescriptions suisses ordinaires. Ils doivent néanmoins respecter les conventions internationales sur la circulation routière (1926, 1949, 1968).
L'accès public à ces codes a été supprimé du site fédéral en 1977, pour des raisons de sécurité et d'anonymat des diplomates. La liste ci-dessous est reconstituée à partir de sources documentaires accessibles.
Note éditoriale : les codes 140 et 150 semblent être des doublons des codes 71 (Jordanie) et 131 (Mauritanie) dans les sources disponibles. Les codes 172, 178 et 180 n'ont pas pu être identifiés avec certitude. Ces données n'étant plus publiques depuis 1977, seul le DFAE dispose de la liste exhaustive et officielle.
Note éditoriale : les codes 027, 028 et 034 existent dans la numérotation mais n'ont pu être identifiés dans aucune source publique disponible. Seul le DFAE dispose de la liste exhaustive et officielle.
Note éditoriale : les codes 250 à 252 (SALT) sont liés aux négociations sur la limitation des armements stratégiques, leur statut actif n'a pas pu être vérifié. Le code 253 n'a été identifié dans aucune source disponible officielle.
Le code de délégation s'obtient en ajoutant 500 au code pays de base (ex. : Singapour 105 → 605). Le code 701 (Union européenne) fait exception à cette règle.
Le code de délégation s'obtient en ajoutant 300 au code pays de base (ex. : Canada 2 → 302 ; France 32 → 332). La plage complète 301–461 contient probablement d'autres codes non documentés publiquement.
Depuis une directive du Département fédéral de justice et police (DFJP) du 14 février 1991, certains diplomates exposés à un risque élevé peuvent obtenir, sur attestation du DFAE, une plaque cantonale ordinaire en complément de leur plaque diplomatique. Le véhicule peut circuler indifféremment avec l'une ou l'autre. Les deux plaques figurent soit sur un seul permis de circulation, soit sur deux permis distincts.
En pratique : un véhicule diplomatique peut rouler légalement sans plaque CD visible. L'absence de plaque diplomatique ne signifie pas l'absence de statut diplomatique.
Les consuls honoraires disposent d'un statut distinct. Ils circulent avec des plaques cantonales ordinaires, mais sont autorisés à apposer un autocollant oval CC sur leur véhicule, au format du macaron CH. Le permis de circulation porte alors la mention « CC-Zeichen bewilligt ». Ce statut ne confère pas les mêmes immunités qu'une plaque CC officielle.
Un véhicule diplomatique peut-il recevoir une contravention en Suisse ?
Les membres accrédités et leurs véhicules bénéficient de l'immunité diplomatique. En cas d'infraction, aucune sanction directe ne peut être appliquée. La voie diplomatique via le DFAE reste le seul recours formel pour les autorités suisses.
Comment distinguer une plaque CD bleue d'une CD verte à distance ?
La couleur du fond est visible de loin. Le fond bleu renvoie systématiquement à une organisation internationale ; le fond vert, à une ambassade ou à un consulat. L'abréviation cantonale confirme : GE renvoie dans la très grande majorité des cas à une organisation internationale genevoise, BE à une mission bilatérale.
Les codes pays suisses sont-ils identiques aux codes français ou allemands ?
Non. Chaque État attribue ses propres codes. Un « 2 » sur une plaque suisse désigne le Canada ; ce même chiffre n'a pas la même signification sur une plaque française ou allemande. Les systèmes ne sont pas interopérables.
Une plaque diplomatique n'est pas un simple numéro d'immatriculation. C'est un document lisible, à condition d'en connaître le code : couleur du fond, lettres, rang, code pays ou organisation.
En Suisse, pays hôte de plusieurs centaines de missions et d'organisations internationales, cette lecture peut s'avérer utile dans de nombreux contextes professionnels.
Certaines immatriculations recensées ici peuvent comporter des inexactitudes. Les sources publiques sur ce sujet sont rares et fragmentées depuis la suppression des registres fédéraux en 1977 - ce travail de compilation a été mené avec le plus grand soin, mais ne saurait se substituer aux données officielles du DFAE.