7.9.2026

Sécurité et criminalité à Genève : les statistiques 2025

Les infractions au Code pénal reculent de 4 % à Genève en 2025, mais les cambriolages et la violence domestique augmentent.

Les infractions au Code pénal ont reculé de 4 % dans le canton de Genève en 2025. C’est le chiffre qui circulera, et il est exact. Il ne dit pourtant à peu près rien de ce que vivent les habitants du canton.

Derrière cette baisse, deux mouvements opposés coexistent. Ce qui recule relève de la criminalité de volume : les vols dans la rue, les deux-roues, les fraudes automatisées. Ce qui progresse touche la sphère privée : le domicile, la relation, la personne. Un même rapport peut donc annoncer une amélioration statistique pendant que le sentiment d’insécurité reste inchangé — et ce n’est pas une contradiction.

L’an dernier, nous avions analysé une année 2024 en hausse en nous demandant s’il s’agissait d’un pic ou d’une trajectoire. Les données 2025 permettent de répondre. Voici ce qu’elles disent, ce qu’elles ne disent pas, et comment les lire quand elles concernent votre situation.

Les chiffres 2025 en un coup d’œil : une baisse générale, mais partielle

Le canton de Genève a enregistré 50 020 infractions au Code pénal en 2025, contre 52 146 l’année précédente. Le recul est de 4 %. Il se retrouve sur les deux autres lois principales suivies par la statistique policière : les infractions à la loi sur les stupéfiants reculent de 11 %, celles à la loi sur les étrangers et l’intégration de 8 %.

Loi 2024 2025 Évolution
Code pénal (CP) 52 146 50 020 − 4 %
Stupéfiants (LStup) 4 527 4 016 − 11 %
Étrangers et intégration (LEI) 9 879 9 046 − 8 %

Rapportée à la population, la fréquence cantonale passe de 99,4 à 94,2 infractions pour 1 000 habitants. Le taux d’élucidation du Code pénal progresse légèrement, de 29,3 % à 30,6 %.

Trois précisions sont nécessaires avant d’aller plus loin :

  • La statistique policière ne compte pas tout. Les infractions à la loi sur la circulation routière en sont exclues, y compris les homicides par négligence qui en découlent. Certaines infractions à des lois fédérales annexes sont transmises directement au ministère public et n’y figurent pas non plus.
  • Un taux d’élucidation élevé ne mesure pas l’efficacité policière. Les 98,7 % de la loi sur les stupéfiants s’expliquent par la nature même de ces infractions : elles sont constatées au moment du contrôle, l’auteur est identifié par définition. Comparer ce taux aux 16,5 % des cambriolages n’a aucun sens.
  • Le chiffre noir reste invisible. La statistique enregistre des dénonciations, pas des faits. Une variation peut donc refléter un changement du comportement de dénonciation autant qu’un changement de la réalité.

De 2024 à 2025 : les écarts les plus significatifs

C’est ici que la lecture devient intéressante. La baisse globale n’est pas un mouvement d’ensemble : elle est portée par deux blocs — le vol et la fraude numérique de masse — tandis qu’une série d’infractions progresse nettement.

Ce qui augmente

Infraction 2024 2025 Écart
Violation de domicile sans vol (art. 186) 389 491 + 26 %
Contrainte (art. 181) 162 202 + 25 %
Lésions corporelles simples (art. 123) 923 1 012 + 10 %
Vol par effraction 2 642 2 838 + 7 %
Menaces (art. 180) 982 1 046 + 7 %
Violence domestique (total) 1 929 2 008 + 4 %
Phishing 249 330 + 33 %

Ce qui recule

Infraction 2024 2025 Écart
Criminalité numérique (total) 4 082 2 963 − 27 %
Vol par effraction de véhicule 1 874 1 303 − 30 %
Vol à l’arraché 236 181 − 23 %
Brigandage (art. 140) 274 218 − 20 %
Vol de véhicule 7 143 6 278 − 12 %
Escroquerie (art. 146) 3 156 2 804 − 11 %
Viol (art. 190) 142 131 − 8 %

Une précaution de lecture s’impose : un pourcentage n’a pas le même poids selon l’effectif sur lequel il porte. Une variation de 25 % sur 162 cas de contrainte se lit ; une variation du même ordre sur 16 cas d’exhibitionnisme ne signifie rien statistiquement. Nous n’avons retenu ci-dessus que des variations portant sur des effectifs suffisants.

Enfin, la stabilité mérite autant d’attention que le mouvement. Quatre indicateurs n’ont pas bougé entre 2024 et 2025 :

  • Homicides consommés : 3 (identique à 2024)
  • Homicides tentés : 50 (identique à 2024)
  • Traite d’êtres humains : 8 (identique à 2024)
  • Actes d’ordre sexuel avec des enfants : 78 (identique à 2024)

Sur les infractions les plus graves, le canton se situe à un niveau constant. C’est une information en soi, et elle est rarement relayée.

Sept ans de recul : 2025 n’est pas un retour à la normale

Comparer deux années consécutives donne une direction, pas une position. Sur sept ans, le tableau change.

Année Infractions au Code pénal
2019 47 499
2020 42 836
2021 38 234
2022 43 838
2023 48 084
2024 52 146
2025 50 020

Deux enseignements.

Le creux de 2021 (38 234 infractions) n’est pas une référence. Il correspond à une période de restrictions sanitaires qui a mécaniquement réduit la circulation, la fréquentation des lieux publics et les occasions de commission. L’utiliser comme point de comparaison fausse toute lecture.

Surtout : 2025 reste le deuxième niveau le plus élevé des sept dernières années, au-dessus de 2019 comme de 2023. La baisse par rapport à 2024 est réelle, mais elle intervient après un pic. Le canton redescend d’un sommet, il ne revient pas à un niveau bas.

C’est précisément ce qui explique le décalage que beaucoup de Genevois ressentent entre les titres de presse et leur perception quotidienne. Quand un habitant estime que « rien n’a changé », il ne se trompe pas : rapporté à 2019, rien n’a effectivement changé.

Pour reconstituer la trajectoire complète et comprendre comment s’est formé le pic de 2024, vous pouvez consulter notre analyse des statistiques 2024 de la criminalité à Genève.

Le patrimoine reste 74 % de la criminalité genevoise

Avec 36 844 infractions, les atteintes au patrimoine représentent 73,7 % de l’ensemble des infractions au Code pénal enregistrées dans le canton. Elles reculent de 7 % — et c’est arithmétiquement ce recul qui produit la baisse globale de 4 %.

Mais la décomposition raconte une autre histoire que le total.

Les cambriolages : la seule catégorie de vol en hausse

Alors que l’ensemble des vols recule de 5 %, le vol par effraction progresse de 7 %, à 2 838 infractions. Le canton retrouve ainsi son niveau de 2022 (2 839 cas), sans atteindre celui de 2019 et 2020, où les effractions dépassaient les 2 990 cas.

La répartition est sans ambiguïté : 2 007 de ces effractions ont eu lieu dans un espace privé, contre 828 dans un espace public. Dans le détail des lieux :

  • Immeuble locatif : 1 618
  • Villa ou maison individuelle : 500
  • Restauration : 130
  • Chantier ou construction : 119
  • Garage et industrie automobile : 99
  • Commerces : 89

Le taux d’élucidation du vol par effraction s’établit à 16,5 %. Ce chiffre est bas, et il l’est structurellement : un cambriolage laisse rarement des éléments permettant une identification directe, contrairement à une infraction de violence où auteur et victime se sont trouvés en présence. Le comparer au taux d’élucidation de la violence — 87,5 % — reviendrait à comparer deux réalités d’enquête sans rapport.

Véhicules et deux-roues : la baisse la plus marquée

À l’inverse, le vol de véhicules recule de 12 %, à 6 278 cas. Le mouvement est particulièrement net sur les deux-roues :

  • Cyclomoteurs électriques : 3 832 → 3 017 (− 21 %)
  • Bicyclettes : 1 650 → 1 409 (− 15 %)
  • Vol par effraction de véhicule : 1 874 → 1 303 (− 30 %)

À l’échelle du canton, ces trois postes représentent à eux seuls plus de 1 600 infractions de moins qu’en 2024. Une part significative de la baisse générale vient de là.

L’hypothèse d’un effet de la généralisation des dispositifs antivol et du marquage est plausible, mais elle reste une hypothèse : la statistique policière ne permet pas de l’établir. Deux catégories vont d’ailleurs en sens inverse — les automobiles volées progressent de 12 % (250 cas) et les motos de 7 % (1 452 cas).

Violences : moins de gravité, plus de volume

Le mouvement est contre-intuitif, et c’est ce qui le rend intéressant.

Le total des infractions de violence augmente de 3 %, à 4 020 cas. Mais la violence grave exercée recule de 4 %, à 244 cas. La hausse provient entièrement de la violence d’intensité moyenne : lésions corporelles simples + 10 % (1 012), menaces + 7 % (1 046), contrainte + 25 % (202).

Autrement dit : davantage de faits, moins graves en moyenne. Les lésions corporelles graves passent de 56 à 52 cas.

Le lieu mérite une attention particulière. La statistique recense 2 162 infractions de violence en espace public contre 1 805 en espace privé — ce qui pourrait laisser penser que la rue est le premier lieu de danger. Le détail des catégories dit l’inverse : la catégorie la plus fréquente est l’habitation, avec 1 823 cas, devant les rues, places et autres espaces publics (1 193 cas).

La violence, à Genève, se produit d’abord là où l’on se croit en sécurité.

La violence domestique atteint son plus haut niveau depuis 2019

Avec 2 008 infractions, la violence domestique progresse de 4 % et dépasse tous les niveaux enregistrés depuis 2019.

La répartition des relations entre personne lésée et personne prévenue :

  • Couple : 48,1 % (556 personnes lésées)
  • Ex-couple : 23,8 % (275)
  • Parents ou substituts parentaux / enfant : 17,4 % (201)
  • Autres liens de parenté : 10,7 % (124)

Les infractions les plus fréquentes dans ce cadre sont l’injure (509), les lésions corporelles simples (422), les menaces (392) et les voies de fait (361).

Une nuance méthodologique est indispensable ici, et elle est trop rarement formulée : la hausse d’un chiffre de dénonciation peut refléter une meilleure prise de parole autant qu’une augmentation des faits. Les campagnes de sensibilisation, l’évolution du cadre légal et l’amélioration de l’accueil des plaintes agissent directement sur ce que la statistique enregistre. Une hausse de 4 % ne se lit pas ici comme une hausse de 4 % des vols.

Ce qui est établi, en revanche, c’est que près de trois quarts de ces situations concernent une relation de couple actuelle ou passée. Toute réflexion sur la constatation de faits dans ce contexte s’inscrit dans un cadre légal strict, celui de la protection de la personnalité et de la proportionnalité des moyens.

Si votre situation relève de messages de contrainte, d’intrusions ou de surveillance répétées, notre article sur le harcèlement obsessionnel et son cadre légal en Suisse en détaille les contours juridiques.

Criminalité numérique : un recul de 27 % à lire avec prudence

C’est la baisse la plus spectaculaire du rapport, et la plus délicate à interpréter. Les infractions relevant d’un mode opératoire numérique passent de 4 082 à 2 963 cas, soit − 27 %.

Ce recul est presque entièrement porté par une seule sous-catégorie : l’abus d’identité et de systèmes de paiement, qui chute de 2 204 à 1 274 cas (− 42 %). Sans elle, la baisse serait marginale. Les escroqueries commises par voie numérique (art. 146) reculent quant à elles de 38 % (2 374 → 1 474).

Deux réserves s’imposent avant d’y voir une amélioration.

Le chiffre noir est ici maximal. La fraude en ligne est structurellement sous-dénoncée : montants modestes, sentiment de honte, conviction que la démarche n’aboutira pas, auteurs à l’étranger. Une baisse des dénonciations n’établit pas une baisse des faits.

Et surtout, les modes opératoires ciblés progressent :

  • Phishing : 249 → 330 (+ 33 %)
  • Fraude à l’investissement en ligne : 87 → 125 (+ 44 %)
  • Sextorsion financière : 26 → 45 (+ 73 %)
  • Vol de crypto-monnaies : 8 → 21 (+ 163 %)
  • Hacking par utilisation de codes d’accès externes : 12 → 32 (+ 167 %)
  • Arnaque au faux support technique : 169 → 173

Le tableau d’ensemble est donc celui d’un déplacement, pas d’un reflux : les fraudes de masse à faible rendement unitaire reculent, les attaques ciblées et à fort rendement progressent. La cybercriminalité économique représente à elle seule 93 % de la criminalité numérique enregistrée dans le canton.

Une part importante de ces infractions commence en amont, par la compromission d’informations personnelles. Notre article sur la compromission de vos données personnelles explique comment ces données circulent et ce qu’elles permettent.

Commune par commune : ce que les fréquences disent, et ce qu’elles ne disent pas

La statistique fournit un nombre d’infractions pour 1 000 habitants par commune. C’est la donnée la plus recherchée du rapport, et la plus facile à mal utiliser.

Commune 2024 2025
Genève 126,3 ‰ 121,6 ‰
Le Grand-Saconnex 106,8 ‰ 120,4 ‰
Puplinge 130,2 ‰ 109,6 ‰
Bardonnex 104,0 ‰ 104,9 ‰
Jussy 80,1 ‰ 102,2 ‰
Thônex 101,6 ‰ 100,2 ‰
Carouge 93,4 ‰ 84,6 ‰
Vernier 75,5 ‰ 69,6 ‰
Lancy 82,2 ‰ 68,7 ‰
Ensemble du canton 99,4 ‰ 94,2 ‰

Ces chiffres ne permettent pas d’établir un classement des communes « les plus dangereuses », pour trois raisons que l’Office fédéral de la statistique signale lui-même.

Les pendulaires ne sont pas comptés. La fréquence rapporte les infractions à la population résidente. Une commune qui accueille chaque jour des dizaines de milliers de travailleurs, de voyageurs ou de clients voit son ratio gonfler mécaniquement, sans que ses habitants soient davantage exposés. C’est le cas de la Ville de Genève, du Grand-Saconnex avec la zone aéroportuaire et des communes frontalières de transit.

Le principe retenu est celui du lieu de commission, pas du lieu de résidence de la victime ou de l’auteur.

Sur les petites communes, les pourcentages n’ont pas de sens. Une variation de + 80 % sur une commune de 1 400 habitants correspond à quelques dizaines de faits. Elle peut résulter d’une seule série d’effractions commise en une nuit. Nous ne publions donc pas de palmarès des variations communales : ce serait statistiquement faux et éditorialement irresponsable.

Ce que ces données permettent, en revanche, c’est de constater que la baisse cantonale se retrouve dans la plupart des communes urbaines — Genève − 3 %, Lancy − 14 %, Carouge − 9 %, Vernier − 7 % — et que la Ville de Genève concentre à elle seule 25 428 infractions, soit environ la moitié du total cantonal.

Comment lire ces chiffres quand ils vous concernent directement

La statistique policière de la criminalité est un décompte de dénonciations enregistrées par la police et transmises aux autorités. Elle n’est ni une mesure de la criminalité réelle, ni une mesure du risque individuel. Trois limites en découlent :

  • Le chiffre noir : ce qui n’est pas dénoncé n’existe pas statistiquement. L’écart est faible sur les homicides, considérable sur la fraude en ligne et les infractions en sphère privée.
  • La dépendance à l’activité de contrôle : sur les stupéfiants notamment, le nombre d’infractions enregistrées dépend directement des ressources engagées dans les contrôles, pas seulement de la consommation réelle.
  • Le principe du lieu de commission : les chiffres décrivent un territoire, pas une population.

De ces trois limites découle une conséquence pratique. Ces données décrivent un agrégat cantonal ; elles ne décrivent jamais une situation particulière. Une personne confrontée à des intrusions répétées à son domicile, à des messages de contrainte, à un litige commercial nécessitant une constatation de faits ou à un doute sur l’exécution d’une obligation contractuelle n’a aucun usage d’un pourcentage cantonal.

Ce qui lui est utile, c’est de savoir ce qui peut être légalement constaté, par quels moyens, et sous quelle forme un constat reste exploitable. Constater n’est pas prouver : la valeur d’un élément dépend de la licéité de son obtention, de la traçabilité de sa collecte et de sa forme de restitution. En droit suisse, un constat obtenu par des moyens disproportionnés ou illicites peut être écarté, quelle que soit sa pertinence sur le fond.

C’est le sens même du travail d’une agence agréée : établir des faits dans un cadre qui les rend utilisables, plutôt que d’accumuler des informations qui ne le seront pas. Notre article ce que l’enquête permet réellement d’établir aujourd’hui détaille cette distinction.

Si votre situation appelle des faits établis plutôt que des chiffres, un échange préalable permet généralement de déterminer en quelques minutes ce qui relève d’une démarche documentable et ce qui n’en relève pas.

Questions fréquentes

La criminalité a-t-elle baissé à Genève en 2025 ?

Oui, de 4 % pour les infractions au Code pénal : 50 020 en 2025 contre 52 146 en 2024. Mais cette baisse suit un pic historique et 2025 reste le deuxième niveau le plus élevé des sept dernières années, au-dessus de 2019 et de 2023. Par ailleurs, le recul est concentré sur les vols et la fraude numérique de masse, tandis que les effractions de domicile, la violation de domicile et la violence domestique augmentent.

Quelle est la commune la plus touchée du canton de Genève ?

En fréquence rapportée à la population résidente, la Ville de Genève arrive en tête avec 121,6 infractions pour 1 000 habitants, devant Le Grand-Saconnex (120,4 ‰) et Puplinge (109,6 ‰). Cette lecture est toutefois faussée par les pendulaires, qui ne sont pas comptés dans la population de référence : les communes de travail et de transit sont mécaniquement surévaluées. Ces chiffres ne permettent pas d’établir un classement des communes les plus exposées.

Les cambriolages augmentent-ils à Genève ?

Oui. Le vol par effraction est passé de 2 642 à 2 838 cas entre 2024 et 2025, soit une hausse de 7 %, à contre-courant de la baisse générale des vols (− 5 %). Sur ces 2 838 effractions, 2 007 ont eu lieu dans un espace privé, dont 1 618 dans des immeubles locatifs et 500 dans des villas ou maisons individuelles. Le taux d’élucidation de cette infraction s’établit à 16,5 %.

Que compte exactement la statistique policière de la criminalité ?

Elle recense les infractions au Code pénal, à la loi sur les stupéfiants, à la loi sur les étrangers et l’intégration et à certaines lois fédérales annexes, telles qu’enregistrées par la police et transmises aux autorités judiciaires. Elle exclut les infractions à la loi sur la circulation routière. Elle ne mesure que les faits dénoncés : les infractions non signalées, dites « chiffre noir », n’y figurent pas.

En résumé

Le canton de Genève a enregistré moins d’infractions en 2025 qu’en 2024. C’est vrai, et c’est mesuré. Mais deux mouvements se superposent derrière ce chiffre unique.

Ce qui recule relève de la criminalité de volume et d’opportunité : les vols dans l’espace public, les deux-roues, les fraudes en ligne automatisées. Ces catégories pèsent lourd dans le total, et leur baisse suffit à faire reculer l’ensemble.

Ce qui progresse touche la sphère privée : les effractions de domicile, la violation de domicile, la contrainte, les menaces, les lésions corporelles simples, la violence domestique. Ce sont, précisément, les infractions dont l’impact sur le sentiment de sécurité est le plus fort, et celles qui s’inscrivent le plus durablement dans la vie des personnes concernées.

Une baisse statistique peut donc parfaitement coexister avec une dégradation du sentiment de sécurité. Ce n’est pas une réaction irrationnelle des habitants : c’est la lecture correcte des données.

Les statistiques décrivent un canton ; elles ne décrivent jamais une situation. Lorsque la vôtre appelle des faits établis plutôt que des chiffres, la première question utile reste de savoir ce qui peut légalement être constaté.

Sources statistiques - criminalité à Genève

Les données citées dans cet article proviennent de l’Office fédéral de la statistique (OFS), Statistique policière de la criminalité (SPC) - Rapport annuel Genève 2025, tableaux T1, T2, T3, T14, T17, T19, T21, T22, T24, T25, T32 à T37 et graphiques G12, G13, G17, G23 et G24.

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